Deuxième journée à la Borland Conf 2003 Par Pascal Recchia (pascal.recchia@vcstimeless.fr)

Pascal Recchia, architecte chez vcstimeless, nous raconte sa journée à la BorCon 2003. Au menu "Mise en place d'une architecture SOA", "Design Patterns" avec Pascal Roques et "Delphi 8" de Stéphane Jouanneau. Un récit très instructif.

n introduction de ce compte rendu, voici mes attentes par rapport à cette conférence Borland : De par l’avènement de .NET, d’Eclipse, j'avais tendance à reléguer Borland à un acteur du passé. Cette conférence était pour moi l’occasion de corroborer ou non ce ressentiment. J’espérai connaître la stratégie à moyen terme de cette société. D’autant plus que cette attente correspondait parfaitement au cadre du démarrage d’un nouveau projet .NET que nous avions en interne : La couverture de l’ensemble du cycle de vie d’une application (désigné par trois initiales par Borland ALM – Application Lifecycle Management).
Trois personnes de la société VcsTimeless ont couvert l’évènement pour DNG : Olivier Destrade (Responsable Outils et Méthodes), Richard Hugues (Chef de projet) et Pascal Recchia (moi même).

Si Richard Hugues a assisté aux deux journées, Olivier Destrade n'a assisté qu’à la première. Quant et moi, je vous retranscrirai la seconde dont les sessions étaient les suivantes :

 1107 - Pourquoi 90% des projets NTIC sont voués à l'échec ?
 3104 - Mettre en place une architecture SOA (Services Oriented Architecture) sous .NET
 Keynote - Développer pour les plates-formes mobiles et émergeantes
 3012 - Mise en œuvre de Design Pattern sur une étude de cas
 1003 - Les nouveautés de Delphi 8
 Session Plénière de clôture

Mais avant de passer au résumé de ces sessions, je rapporterai des propos qui ont eu lieu la première journée à laquelle je n’ai pu assisté. A la question, quel est le positionnement du produit C# Builder ? La réponse est arrivée du keynote de mercredi. Ce keynote présenté par Dick Lantim (.NET Architect Evangelist - Microsoft France) présente la plateforme .NET et se projette sur l'avenir. Que cela soit Richard Hugues (ayant en passant un background Delphi impressionnant) ou Olivier Destrade, tous ont été étonnés de ne pas voir lors de cette présentation des pointeurs vers les produits de la gamme Borland. Richard Hugues et Olivier Destrade décident de se renseigner à la fin de la présentation (auprès d’un responsable commercial) histoire d'avoir des informations sur le positionnement de Borland.

Ce dernier positionne C#Builder comme faisant partie d’une offre complète permettant aux des chefs de projets ou architectes de disposer d’un outil couvrant l’ensemble du cycle de vie de leur projet. C#Builder s’inscrit donc dans cette mouvance associé à d’autres outils du catalogue Borland. Aucune concurrence donc avec Visual Studio .NET ou (au delà du langage C#) Delphi 8. Un affrontement avec Visual Studio .NET serait d'ailleurs absurde lorsqu'on observe la stratégie de Microsoft vis-à-vis de ce produit qui en fait la console MMC du développement (Biztalk 2004, Reporting Services, …). Borland développe lui-même des plugins VS.NET (Together). Donc point de nostalgie (Builder C++), point de regret non plus à sélectionner Visual Studio .NET ? Le commercial appuiera sa démonstration en relatant le fait que Microsoft serait détenteur de 10% du capital de la société Borland.
Nous reviendrons sur le positionnement de Borland dans la suite de ce document mais j’arrête là le colportage et je reviens au récit de ma journée de conférence.

Jeudi 11 décembre 9H : Une Arrivée de bon matin au CNIT. L'ambiance est assez calme. Les sessions distillées lors de la conférence n’étant pas toutes relatives à la gamme de produits Borland, j’assiste en ouverture à une session donnée par la société Improve.

Pourquoi 90% des projets NTIC sont voués à l'échec ?

Le présentateur est Steve Sfartz (Directeur du développement – Improve). Il nous annonce en préambule la non présence de Didier Girard (application-servers.com), censé l’accompagner lors de cette session.

Cette information passée, Steve Sfartz attaque le vif du sujet avec prudence. Il nous informe qu’il ne nous exposera pas de recettes miracles mais simplement la méthode Improve. Il ne proposera d’ailleurs pas de formules magiques permettant de réussir un projet NTIC mais seulement un moyen de mesurer l’échec ou le succès d’un projet donné.

En introduction de la présentation, de nombreuses définitions sont mises au point comme cela est courant sur les sujets à polémiques.

  • Qu’est ce q’un projet NTIC ? Un projet NTIC passe par de nouvelles phases par rapport à nos bons vieux projets à savoir « Briser les rêves de la MOA », « La prospection technologique » qui le feront rester un projet NTIC dans le temps, « le transfert de compétences ».
  • Qu’est ce qu’une nouvelle technologie ? Nouvelles technologies ou technologies nouvelles. En effet, un développeur novice sur le langage C le voit comme une technologie nouvelle et non comme une nouvelle technologie … ou le contraire ?
  • Qu’est ce que l’échec ? A ce sujet, le présentateur cite différents cas comme le projet web qui fonctionne mais qui n’est pas évolutif, la non gestion du cross-scripting (la sécurité est toujours aussi vendeuse).

Tout cela amène les auditeurs à se questionner sur la mesure de l’échec ou la réussite d’un projet ? Le présentateur entame donc le cœur de la présentation en présentant le concept Périmètre Délais Moyens Qualité (PDMQ).

Ce concept projette un projet sur un cube. Ce cube PDMQ permet de guider le développement du projet et de décider en recette s’il est couronné ou non de succès. A noter (une question a été posée dans ce sens) qu’il n’est pas possible de revenir sur cette projection avant la fin d’une itération.

Dans le cadre de projets NTIC, le présentateur nous fait part de son expérience et la projette sur les dimensions PDMQ :

  • P : Le périmètre fonctionnel est limité et mal défini
  • D : Les délais sont courts (volonté de s’affranchir de l’effet tunnel)
  • M : Peu de moyens divisés en grands axes (Méthodologie, Cadre, Outils, Équipe)
  • Q : La qualité est très variable.

Les transitions sont le fort de cette présentation, une fois définie, une question se pose concernant la méthode PDMQ : Comment réaliser le PDMQ de mon projet ? Cela passe par un tableau en trois grandes colonnes (Moyens, Adaptabilité, Qualité). Je passe outre la description détaillée de ce tableau et vous renvoie pour de plus amples détails vers la société Improve.

Une fois que l’ensemble des auditeurs sont en mesure de définir leur PDMQ, le présentateur nous donne quelques astuces qui nous permettront non pas de réussir mais de « moins » échouer.

  • Ne pas faire reposer le projet sur les compétences des équipes
  • Seule une application exécutable permet de valider l’avancement du projet.

A ce stade de cette présentation fort agréable, nous pouvons nous demander le pourquoi de cette présentation à une conférence Borland. Je vous accorde le fait que Steve Sfartz citera en conclusion OPTIMIZE IT. Cet outil permet entre autres de visualiser en temps réel les ressources mémoires ou processeurs utilisés par les objets de votre application. Mais la présentation dans son ensemble n'est-elle pas vraiment (trop ?) agnostique Borland.

Elle se conclut d’ailleurs par la présentation du Framework d’Improve, qui comme Borland, se positionne sur l’ensemble du cycle de vie d’un projet à ceci près qu'elle n’attaque (contrairement à Borland) aujourd’hui que la plateforme JAVA. Steve Sfartz parle d’une déclinaison en .NET disponible prochainement. Un des outils composant ce Framework attire mon attention, j’avais déjà pu lire une nouvelle à son sujet sur le site de Didier Girard, cet outil s'appelle Maven, il permet (je me permets une description hasardeuse) de suivre l’avancement d’un projet via le pourcentage du code compilé et le pourcentage du code testé.

Ce Framework offre également, comme tant d’autres (?), une architecture SOA « developer friendly » et présente la génération de code comme un moyen de s’affranchir des erreurs humaines et de gagner du temps. Steve Sfartz parle également de l’évolution WYSIWYG vers WYSIWYM (Mean).

Mon seul petit regret concernant cette session est la non (ou faible) présentation des outils permettant d’implémenter les concepts exposés.

Mettre en place une architecture SOA (Services Oriented Architecture) sous .NET

Cette session est sous les baguettes de Jean-Louis Benard (Fondateur de Brainsonic). En introduction, il justifie l’approche SOA et la détache du mouvement tarte à la crème de l’informatique.

L’architecture SOA n’est pas nouvelle et puise ses concepts dans multiples domaines informatiques tel que l’EAI pointée du doigt pour son coût élevé ou CORBA réservée à une élite. La SOA est présentée comme l’architecture répondant à l’entropie galopante de l’entreprise.

Il insiste sur le positionnement message de la SOA et le cœur de la session devient la définition du contrat d’un service (Parties, Couverture fonctionnelle, Documents échangés, …). Chaque partie du contrat est ensuite détaillée dans la session.

Il fait un laïus sur l’aspect transactionnel des architectures SOA. Le transactionnel ré-induit un couplage entre les participants et donc irait à l’encontre de la notion de couplage faible véhiculé par le concept SOA. Cet aspect est critique. Jean-Louis Benard proposera deux modèles architecturaux transactionnels :

  • Aggregateur. Un tiers vient s’intercaler entre les partenaires et contrôle la transaction.
  • Facilitateur. Un tiers facilite l’établissement de la transaction et non son déroulement.

Ces types de transaction s’appuient sur un modèle « Commit à deux phases » nécessitant le développement de processus compensatoire. Le présentateur nous alerte qu’une compensation ne fait pas retourner le partenaire dans son état initial …

La session aborde également les documents échangés et donc la nécessité d’utiliser des schémas. Jean-Louis Benard nous fait alors part de son expérience et capitalisation personnelle autour des DataSets typés dont il est le plus ardent défenseur. Un spectateur l’interpellera sur ce sujet en demandant l’intérêt d’un tel choix dans le cadre d’une architecture SOA qui n’est pas tributaire d’une implémentation. Je reviendrai d’ailleurs moi-même lors de la partie Questions / Réponses sur ce choix.

 Jean-Louis Benard se repose sur la richesse fonctionnelle d’un DataSet. Personnellement, au vu des nombreux articles énonçant des problèmes de performance, de consistance de données, j’ai depuis longtemps réservé ces derniers à la couche d’accès aux données et je véhicule souvent de « véritables » objets métier entre les différents couches ou services de mon application. Ces objets sont très facilement sérialisables dans la plateforme .NET et permettent de s’affranchir du diagramme de classe, et comme pour les datasets de reposer sur un schéma XML. Mais cela porte à polémiques, je vous l'accorde.

Si le fond de la présentation n’est pas discutable, certains auditeurs ont du avoir une nette impression de déjà vu. Le titre stipulait bien une "mise en place", nous n’avons eu qu’une description, correcte soit, mais une description. Si en aparté Jean-Louis me fait état de ses années de services, la session ne transpire pas le vécu. Mais comme pour la session précédente, je relativiserai mes propos en me disant que je ne constitue pas un panel représentatif.

J’ajouterai la même remarque que pour la session précédente : Et Borland dans tout cela ? Comment Borland appréhende ce nouveau modèle d’architecture ? Les outils de Borland sont-t-ils adaptés à ce type de démarche ?

Bref, cette matinée me laisse un peu sur ma faim. Et même si cela tombe bien car c'est l’heure du repas, j’attends avec intérêt la suite de la journée.

Le repas est vite avalé mais instructif. Je fais la connaissance de borlandophiles de père en fils et je vois combien l’avènement de .NET ne les a pas marqué outre mesure. Nous débattons également des Frameworks de persistance. Il cite alors tous en chœur ECO (Enterprise Core Objects). Ce produit nous sera présenté succinctement lors de la session « Les nouveautés de DELPHI 8 ». Ce qui me frappe dans nos discussions, c’est le décalage entre nos centres d’intérêts. Je m’étonne sur certaines de leurs attentes et eux rigolent de mes préoccupations liées aux accès aux données. Nous avons tant à apprendre de chacun mais le repas est minuté et il nous faut repartir en conférence.

En guise de digestion, un keynote est proposé. Ce keynote a pour but de présenter la stratégie mobile de la société Borland.

Keynote - Développer pour les plates-formes mobiles et émergeantes

Cette stratégie est simple, les projets mobiles seront incontournables d’ici 2006. Borland propose donc aux développeurs de se familiariser dès aujourd’hui avec cette technologie afin d’être prêt le moment venu. Le présentateur est JP Leblanc (VP de la division Mobile - Borland Corporation), la société Palm fera également une intervention présentant sa gamme de produits logiciels (PalmSource) et matériels (PalmOne – Fusion de Palm et HandSpring). Le principal point à noter réside dans la mobilité pour Borland qui ne se conjugue pas avec Microsoft. La gamme mobilité Borland « Borland Enterprise Studio For Mobile » ne cible ni les Pocket PC, ni les smartphones. Elle sera composée d’un outil de développement C++ et Java (Java cible dans un premier temps le développement d’applications ludiques). Un autre point intéressant est le positionnement de Borland par rapport au marché mobile. Borland ne se positionne pas sur le développement d’applications C++ pour le téléphone, ou le développement d’applications C++ pour les PDA. Borland se positionne sur le développement d’applications mobiles et si ses outils pourront être achetés individuellement, elle offrira une solution complète permettant à partir d’un seul et unique produit (à l’instar de Visual Studio .NET ou Eclipse) de développer aussi bien une application JAVA pour la téléphonie qu’une application C++ pour un PDA. Le C++ est chère au cœur de Borland. Un diagramme nous présente le positionnement de C++, JAVA et .NET suivant deux axes Performance et Portabilité.

Figure B - Positionnement C++, Java et .NET

Si j'évoque ce diagramme, c’est en raison du positionnement de Borland comme l’éditeur C++ face aux couples .NET et Microsoft ou JAVA (IBM et BEA). Borland aurait-t-il trouvé son langage ? Il remet sur le devant de la scène le langage C++ que certains croyaient disparu depuis quelques temps. Le lecteur notera également la présentation de .NET et JAVA comme isoportables. Bien entendu, toutes ces remarques se cantonnement au monde de la mobilité. L’effort de Borland sera d’augmenter la portabilité du langage C++. Cette portabilité est mise à rude épreuve sur les plateformes mobiles si disparates entre constructeurs. Borland ne s’arrête pas à aux soucis de portabilité, il veut offrir un environnement RAD.

Je me permets une parenthèse sur la portabilité du langage C++ en relatant l’histoire de Michael Durand, un architecte mobile qui lança le développement, il y a quelques années, d’une bibliothèque C++ permettant de développer une application sans se soucier du PDA cible (Palm ou Pocket PC). Une application « Michael Durand » s’exécute aussi bien sur un Palm qu’un Pocket PC. Borland a une volonté similaire, la tâche lui serait peut être moins ardue en recrutant ce brave Michael Durand chagriné depuis l’arrivée du .NET Compact Framework.

Cette parenthèse faite, une mise au point me fut nécessaire à propos de la stratégie outils mobilité de Borland. Je suis un grand rêveur, noyé (?) dans l’excitation de la présentation, j’ai cru que les outils Borland me permettraient de développer les différents modules d’une application en C++ et en Java (Qui a parlé de .NETéisme ?). Le présentateur me répondit par la négative.

Nous verrons que cette notion de multiplateformes n’est pas propre à la gamme de produits mobilité.

Ce keynote fut riche en information. De l’intervention de Palm (Jean Marc Holder Directeur Marketing EMEA PalmSource), nous retiendrons « La diversité facilite la croissance ». Est-ce que le fait de disposer du système d’exploitation Palm sur une montre qui nous détournera de la société Microsoft lors du choix d’un périphérique mobile ? Personnellement, je n’oublierai jamais mon Palm Vx, ce qui me gène dans un Pocket PC c’est le sentiment que c’est un pc à la taille de ma poche (Où vais-je chercher ça ?) et qu’il n’est donc pas un véritable assistant personnel mais un pc avec un petit (tout petit) écran. Si Microsoft fait des efforts dans ce sens, le Pocket PC bénéficie d’ores et déjà face au Palm, avec le .NET Compact Framework et Visual Studio .NET 2003, d’un véritable environnement de développement. Le travail de Borland est donc bénéfique pour la plateforme Palm.

A ce stade de la rédaction de mon compte rendu sur ce keynote, j’insiste sur le choix de Borland d’écarter (momentanément ?) la plateforme .NET de sa cible mobilité (Le mot Delphi fut prononcé à demi mots).

L’image de fin de ce keynote, est l’horde de spectateur donnant au présentateur leur carte de visite afin de recevoir les outils mobilité édités par Borland. Personnellement, je n’émets aucun jugement sur l’outil, la démonstration fut trop courte et je connais mal la concurrence dans ce domaine. Ce que je retiens en revanche de ce keynote, c’est la stratégie et non l’outil en lui-même. L’envie de réussir de JP Leblanc est contagieuse (« On joue pour gagner, pour devenir numéro 1 »). 

La prochaine session à laquelle j’assiste est «  Mise en œuvre de Design Pattern sur une étude de cas » tenu par Pascal Roques (Consultant Formateur Valtech).

3012 - Mise en œuvre de Design Pattern sur une étude de cas

La session est un tutorial et invite les spectateurs à voyager dans le monde merveilleux des design patterns. La présentation passe par toutes les étapes : définition, présentation, exemple, étude de cas. Elle est ponctuée de captures d’écran du produit Together et d’une manipulation en guise de fin de session de ce produit (Application d’un design pattern à un objet). Pascal Roques n’oublie rien : les mises en garde, les références de livres. En revanche, je pense que cette session a été comme celle concernant la mise en place d’une SOA sur-notée par Borland (les sessions disposent d'un numéro permettant de connaître le niveau requis : 1xxx pour tout niveau à 4xxx pour avancé).

Fidèle à moi-même, j’aurai souhaité plus de temps imparti à l’étude de cas (Le démineur) et à la manipulation de design pattern à partir de Together, le reste de la session m’étant connu. J’ai été de plus, un utilisateur de Together Control Center, j’aurai tant souhaité voir ce logiciel fonctionner dans une version plus récente. J’ai installé cette version mais sa lenteur (relatif à mon ordinateur) et son manque de convivialité (relatif à moi) qui ne lui faisait pas défaut dans ses précédentes versions me gène dans une réadoption complète du produit.

J’interrogeai d’ailleurs Pascal Roques sur ce propos, ce dernier malheureusement n’utilise pas le logiciel dans cette version.

La prochaine session était l’évènement phare de la journée : la présentation de Deplhi 8. Delphi 8 (nom de code Octane) symbolise l’arrivée de Delphi sur la plateforme .NET.

1003 - Les nouveautés de Delphi 8

Le speaker de cette session est Stéphane Jouanneau (Borland France), je dirais même plus LE Stéphane Jouanneau. L’emploi du « LE » est justifié par l’aura de cette personne sur l’ensemble de l’auditoire. Nombreux sont les borlandophiles me vantant ses compétences et louant ses qualités d’orateur. Et croyez-moi, ils ne se trompent pas.
La session est découpée en deux parties :
- La première partie est constituée d’un diaporama d’une dizaine de transparents.
- La seconde partie est une démonstration en direct de l’outil fraîchement compilée.
Si la dizaine de transparents est rapidement expédiée, elle n’est pas sans intérêt surtout pour le novice que je suis sur l’environnement Delphi.

- Delphi est âgé de 8 ans. Le service marketing de Borland aurait donc choisit l’âge du produit plutôt que son année de sortie ?

- C#Builder est un proche cousin de Delphi 8, ils partagent un noyau commun : Galileo. Précédemment je parlais d’outil centralisateur, cela semble également prévu pour C#Builer et Delphi à l’instar de Visual Studio .NET avec C#, VB, J# … Il est important de noter que Borland ne commercialisera pas les addins Delphi pour Visual Studio .NET. Cela nous donne une autre explication pour ce qui est du développement de l’outil C#. Le langage C# est le langage le plus utilisé pour la plateforme .NET (de manière empirique, je ne dispose d'aucun chiffre bien entendu).

En offrant C# Builder et Delphi 8, Borland se rapproche de la notion d’environnement de développement unique (Borland Studio) adoptée par Microsoft avec Visual Studio .NET. Il ne sera pas nécessaire de s’équiper de Visual Studio .NET et de Delphi 8 dans le cadre du développement habituel d’une application borlandesque .NET (C# et Delphi).

- La VCL est portée sur la plateforme .NET et se voit attribuée le suffixe .NET. Pourquoi ce portage me direz vous ? Borland s’attache à offrir une compatibilité ascendante. Stéphane Jouanneau décide d’utiliser la preuve par l’exemple en développant une application (Hello World interactif) sous Delphi 1. Il exécute cette application. Il l’ouvre sur Delphi 8, la recompile et l’exécute à nouveau. L’effet Démo passé, et même si Stéphane Jouanneau argue fièrement cette compatibilité, les développeurs Delphi apprennent que tout n’est pas si rose, et que différents points ne seront pas .NETisable (pchar, insertion de code assembleur, …). Si Stéphane Jouanneau utilise différents subterfuges pour minimiser l’impact, personnellement je sors de ma torpeur, car le .NETophile que je suis, aurait eu bien du mal à comprendre comment Borland avec Delphi réussit là où Microsoft a un semi échec avec VB. Comment se positionne la VCL.NET au sein du .NET Framework ?
 

Figure 2 - Positionnement VCL.NET au sein du .NET Framework

Elle se situe au même niveau que les briques Windows Form et Web Form. Ainsi un développeur pourra choisir de développer une VCL application et non une Windows Application sur la plateforme .NET. De même, Delphi s’appuyant sur .NET, les développeurs les plus vicieux pourront intégrer à leur boite à outils sous Visual Studio .NET des composants Delphi. Quant à l’avenir de cette brique VCL face aux récentes publications de Microsoft autour de LongHorn, Borland ne voit pas pourquoi elle serait amenée à mourir. Cette brique est la valeur ajoutée de Delphi, elle est présentée comme la dote versée par Borland à l’environnement .NET. Ainsi, Delphi ne se résume pas simplement au portage du langage Pascal sur l’environnement .NET. Au sujet de XAML, Stéphane Jouanneau se permet une boutade en rappelant que Delphi utilise ce concept de séparation présentation code depuis quelques années.

J’insiste (Est-ce pour me convaincre ?) sur le fait qu’une application VCL.NET sera bien entendu exécutable sur un environnement .NET « non borlandisé » (la VCL.NET se présentant sous la forme de librairies).

Dois je rapporter les bugs qui ont parsemé la démonstration ? Ils n’ont pas eu à mes yeux une importance capitale, je passerai donc outre pour revenir sur les fonctionnalités de l’outil comme la propriété active d’un DataSet. Quelle est cette propriété ? Cette propriété permet en mode Design de connaître le rendu d’un Datagrid qui faisait défaut à Visual Studio .NET jusqu’à la version 2003. En fait, j’avoue que je suis perdu (Ai-je le vertige ?) devant les fonctionnalités DAL offertes par Delphi (ECO, OCL,…). Delphi offrirai-t-il un Framework de persistance ? Ce point demande à être précisé.

Une autre fonctionnalité de l'outil est l’auto complétion filtrée en fonction des lettres saisies. Ainsi, écrire la lettre « a » ouvre une liste de choix de mots commençant par la lettre "a" et non l’ensemble des mots.

Mon voisin aime me rappeler que de nombreuses fonctionnalités de Visual Studio .NET proviennent de l’environnement Delphi et cette session fortifie cette idée.

De par son appartenance au catalogue Borland, Delphi 8 bénéficie d’une panoplie d’addins tel qu’un outil de modélisation avec Together. Mais ce fait semble moins préoccuer l’assistance que la portabilité de Delphi. Delphi existe aujourd’hui sur Linux via Kylix. La commercialisation de la version 8 de Delphi rompt cette portabilité. Mais je tiens à rassurer les développeurs Delphi en les informant de l’existence du projet Mono qui a pour but de porter la plateforme .NET sur Linux (de nombreuses informations portant sur ce projet peuvent être trouvées sur le site DotNetGuru.org).

Stéphane Jouanneau a réalisé une superbe prestation. J’ai hâte de répondre à mes interrogations sur Octane. Pour cela je devrais disposer d’ici peu de l’outil. Borland offre à toute personne ayant assisté à la conférence, un produit de sa gamme. J’ai choisi Octane. Ce produit n’étant pas disponible au moment de la conférence, je me vois offrir la version 7 de Delphi en attendant l’envoi par la poste de la version 8.

Le calme revenu, la session de clôture s’annonce.

 Session Plénière de clôture

La session de clôture n’est essentiellement qu’une démonstration de différents outils édités par Borland. Elle me surprit avec Janeva. Là où Visual Studio .NET est multi-langages, Borland est multi-plateformes. Janeva permet d’établir des ponts entre .NET et J2EE. La démonstration sera faite via l’appel d’un EJB à partir de C# d’une manière (nombres de lignes de code) proche de ce que nous ferions en JAVA. Je n’avais que vaguement entendu parler de Janeva avant cette démonstration. Les questions que je me pose sont liées à l’intérêt d’un tel outil face aux web services (gère-t-il les transactions ? la sécurité ?), Qui aujourd’hui n’homogénéise pas sa plateforme de développement ? Un outil multi-plateforme a-t-il un avenir ? L’idée est séduisante et rejoint ce que certains attendaient lors de l’annonce du support du multi langage par la plateforme .NET. Ces personnes pensaient choisir un langage non pas en fonction des goûts d’un développeur mais en fonction de la nature de l’implémentation à réaliser (accès à la base de données, interface utilisateur). Transposer à Borland, nous pourrions obtenir le choix de J2EE pour l’implémentation des services métiers et le choix de .NET pour le développement de l’interface utilisateur (Ceci n’est donné qu’à titre d’exemple). Si cela est esthétique, je ne peux m’empêcher de penser à la viabilité d’une telle stratégie.

En conclusion, mon impression sur cette journée est globalement positive. Je ne comprends toujours pas l’intérêt de sessions non teintées par les produits Borland, surtout que ces sessions se déroulent également lors d’événements gratuits tels que le symposium architecte organisé par DotNetGuru. J’ai été enchanté par les sessions Mobilité et Delphi 8. J’aurai aimé assister à une présentation mettant en œuvre l’ensemble du catalogue ALM Borland sur une étude de cas.

Pascal Recchia est Architecte Logiciel chez l'éditeur VcsTimeless, société spécialisée dans la livraison de solutions informatiques pour la distribution non alimentaire et le commerce spécialisé. Il était l'envoyé spécial de DNG à la Borland Conf pour la seconde journée.
 


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a Borland Conference 2003 : http://www.borland-events.com/conf2003/